
SOUVENANCE
L'Ontario au temps de la Nouvelle-France
Le vitrail offert par la Société Historique du Lac Saint-Louis (Montréal) avec la collaboration de la Province de l'Ontario, est l'œuvre du maître-verrier Stephen Taylor.
L'artiste torontois y évoque la découverte du territoire qu'occupe, aujourd'hui, l'Ontario, par Samuel de Champlain, premier explorateur du nord-ouest américain.
Il nous propose un échantillon des produits du terroir : une haute tige de blé d'Inde, une citrouille, des fruits et des légumes qui ont retenu, tout particulièrement, l'attention du lieutenant de la Nouvelle-France, pour lequel l'exploitation agricole et l'autonomie alimentaire étaient les facteurs indispensables à un peuplement à long terme.
On y reconnaît, également, une fourche, un compas servant à l'arpentage, un carquois rempli de flèches pour la chasse et, plus surprenant, un fusil.
Car ce voyage, s'il se présentait, d'abord, comme une première exploration des territoires de l'Ouest, était accompagné d'une expédition guerrière incontournable.
En effet, ayant promis d'assister les alliés Hurons dans leur guerre contre leurs ennemis iroquois "toujours sur leur chemin", Champlain, de retour d'un bref voyage en France, partit de Québec, l'été 1615, avec sa petite troupe, pour rejoindre la Huronie (lieu de ralliement], bien décidé de profiter de l'occasion pour explorer les lieux traversés et noter "ses descouvertures".
Le récit de son expédition : "Les voyages", publié en 1619 ainsi que les nombreuses fouilles archéologiques entreprises sur le site, permettent de mieux connaître les ressources naturelles et le mode de vie des autochtones de la région.
Chemin faisant, à pied ou en canot, l'explorateur, apprécie, s'étonne, établit des comparaisons avec la mère patrie.
Les arbres y sont de la même espèce qu'en France. Les "bonnes terres ne laissent rien à désirer".
Il note la beauté des paysages où les vignes et noyers y sont en grande quantité. Il remarque les vastes prairies où abonde le gibier, les beaux bois et le grand nombre de châtaigniers dont le fruit est encore "en leur écorce".
"Les raisins viennent à maturité mais il reste toujours une aigreur fort âcre que l'on sent à la gorge en les mangeant en grande quantité. Ce qui provient à faute d'être cultivés".
Mais, ce qui frappe son attention, c'est la place qu'occupe le blé d'Inde dans la vie économique du pays. "Ils le conservent l'hiver dans de grandes tonnes faites d'écorce d'arbre. C'est leur principal manger qu'ils accommodent de plusieurs façons. Ils en font des pains en forme de galettes ou tourteaux qu'ils font cuire sous les cendres".
Quant à la petite troupe, elle atteignit le pays des Hurons, sur la pointe sud de la Baie Géorgienne (après avoir fait des pointes de 40 kilomètres à pied par jour), mais les Amérindiens "ne voulant pas être bousculés, prirent très longtemps à se préparer" à faire la guerre aux Iroquois, leurs ennemis héréditaires.